Détail de l'offre
DOI https://doi.org/10.69777/285181
Titulaire de la demande évaluée Bonnard, Martin
Établissement de la demande évaluée Université McGill - https://ror.org/01pxwe438
Titre de la demande évaluée Le cinéma automatique : discours et technologies de la diffusion et de la projection autonomes
ROR organisme subventionnaire https://ror.org/00w3qhf76 Nom du programme Bourses postdoctorales
Montant total 90 000$ Secteur Société et culture
Période couverte par l’octroi 2021-06-01 - 2023-05-31 Mots clés
Résumé La volonté d’automatiser la diffusion du cinéma accompagne son histoire. Dès les premières décennies du 20e siècle, on retrouve le vocable « cinéma automatique » dans les brevets décrivant des machines cinématographiques. Il est associé à la description d’appareils de prise de vue, mais également à la diffusion, à moindre coût, de films publicitaires dans des lieux publics. Cette thématique de la publicité, qui s’inscrit dans usage utilitaire du cinéma (dans les écoles, les usines, les gares), est récurrente tout au long du siècle. Elle côtoie des propositions pour sécuriser les salles (isolement de la cabine de projection en cas de feu) ou en faveur du remplacement du projectionniste par un automate. Ces préoccupations associées aux technologies présentées dans les brevets recoupent des sujets au centre de l’actualité des technologies numériques : l’emploi, la sécurité, les mutations touchant les industries de la culture et des communications. Cette recherche propose de replacer la diffusion web du cinéma dans l’histoire de l’automatisation, créant de la sorte un nouveau parallèle dans la série des historiographies du cinéma déployées autour de l’attraction ou de la narration, par exemple. Deux moments clés sont à l’étude : la période d’institutionnalisation du cinéma au début du siècle et l’avènement de la télévision dans les années quarante et cinquante. Tous deux constituent des moments d’intense production discursive autour de la généralisation de la projection d’images photographiques en mouvement et du développement d’appareils électroniques respectivement. Les discours et les imaginaires entourant les technologies d’automatisation de la projection et de la diffusion du cinéma permettent de mettre en perspective les offres contemporaines de visionnement en ligne du cinéma, en particulier celles proposées par les services de vidéo par abonnement. Ces plateformes, parce qu’elles confient à la machine un rôle de rétention, de curation et de réactualisation, constituent l’un des lieux de la négociation d’une plus générale automatisation des existences, au sens donné par Bernard Stiegler. Prolongeant cette idée, ma recherche postdoctorale enrichit l’histoire de l’adoption généralisée du pharmakon numérique. Elle dresse une première cartographie de l’existence et de la force, tout au long de l’histoire du cinéma, des discours favorisant l’adoption (réelle ou rêvée) des technologies d’automatisation. En plus de défricher un champ de recherche inédit et d’enrichir les connaissances à propos de l’automatisation de la diffusion du cinéma, ce projet permet le repérage, l’indexation et la mise en contexte de documents d’archives utiles aux recherches futures en histoire du cinéma et des médias.